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Concert et interview de Bebo et Chucho Valdès - Paris, Décembre 2008
Rencontrer Bebo et Chucho Valdés, c’est rencontrer l’Histoire du piano Cubain. Ils sont les pianistes, compositeurs, arrangeurs, et chefs d’orchestres les plus renommés de Cuba. Bebo est tombé amoureux de cet instrument à l’âge de quatre ans. Sa passion, il l’a transmise à son fils Chucho, qui lui-même l’a transmise à ses propres enfants, Chuchito et Leyanis. Chez les Valdés, le piano c’est donc une histoire de génération. Salle Pleyel, en novembre dernier, c’était les grandes retrouvailles entre le père et le fils. Assis face à face, devant leurs pianos respectifs, ils ont joué les grands classiques de la musique cubaine dont Lagrimas Negras de Miguel Matamoros. « Nous incarnons deux générations du jazz afro-cubain », dit Bebo. Lui-même sera, avec son orchestre, une référence à Cuba dans les années 50. Chucho, détenteur de cinq Grammy, est fondateur du groupe Irakere, véritable institution du latin jazz cubain. Mais ils incarnent aussi deux générations séparées par l’histoire de Cuba.
Bebo Valdés a fui la révolution castriste dans les années 60, et n’a pas vu son fils durant plus de 30 années. Séparation qui reste douloureuse. En abordant le sujet les visages se ferment ; « C’est trop vieux, je n’ai plus envie d’en parler. Tout ce que je peux dire c’est que tant que je serai en vie, je n’accepterai jamais qu’il y ait un dictateur qu’il soit de droite ou de gauche » répond Bebo. Aujourd’hui, ils sont réunis, et sortent un album ensemble ; Juntos para siempre autour de classiques cubains, standards de jazz et de compositions qui leur sont propres. Aujourd’hui, les années d’absence semblent oubliées. Leur relation est pleine d’attention, de tendresse et de rire. Bebo, grand personnage longiligne au sourire attendrissant, aime à complimenter son fils dont il est si fier, avec un œil pétillant. Chucho, à 67 ans, malgré une carrière digne des plus grands, a gardé sa timidité d’enfant et continue de se cacher derrière ses mains, lorsque Bebo le félicite.